Rupture(s) Claire Marin

« Nous sommes tenaces et on ne nous brisera pas en une nuit ». Nietzche, Seconde considération intempestive.

Résumé : Qu’elles soient joyeuses ou tragiques, visibles ou non, les ruptures rythment notre existence, nous transforment, nous remettent profondément en question. Comment conjuguer ces « bifurcations » de nos vies que sont les ruptures avec l’idée de notre identité, une et constante? Nous révèlent-elles la multiplicité de nos identités possibles, ou le fait que nous nous affirmions progressivement, au fur et à mesure des ces « accidents » de la vie? Nous épurent-elles ou nous démolissent-elles? Pour la philosophe Claire Marin, la définition de notre être est tout autant dans nos sorties de route que dans nos lignes droites, dans les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même. Naissances ou deuils, séparation ou nouvel amour, besoins d’ailleurs : nos oscillations, nos vacillements fragilisent nos représentations, ébranlent nos certitudes, certes. Mais ils soulignent aussi fondamentalement la place de l’imprévisible, et questionnent notre capacité à supporter l’incertitude, à composer avec la catastrophe et, en les surmontant, à parfois démarrer une nouvelle vie.

Mon avis: J’ai découvert cet essai en scrollant Instagram. Notre vie est faite de ruptures. D’ailleurs, la naissance constitue la première, ensuite nous en rencontrons tout au long de notre vie. Des ruptures amicales, amoureuses, familiales, causées par la maladie ou le deuil et même avec soi. C’est ce qu’analyse, Claire Marin dans cette essai philosophique court et plein de références littéraires. Les ruptures sont nôtres, qu’on les décident ou qu’on les subissent. « Rompre avec sa famille, ses amis, son amant, son milieu, changer de métier, de pays, de langue… Elles nous construisent peut-être plus que les liens ».

Ce n’est pas un livre de développement personnel qui nous propose des moyens pour surmonter une rupture. Je l’avoue, je me suis un peu perdue, peut être par  manque de concentration, et parce que je découvre la philosophie, mais je l’ai trouvé intéressant, plus particulièrement le chapitre « DEVENIR SOI ». C’est arrivé au même moment que ma décision de créer un blog, de faire ce que j’aime avec ma passion et certainement une rupture avec « l’ancienne moi ». Moi aussi, j’ai vécu des ruptures, j’en ai souffert mais aujourd’hui je ne les regrette absolument pas, c’est grâce aussi à elles que j’ai pu m’affirmer et devenir celle que je suis aujourd’hui.

Autres : Claire Marin fait référence d’œuvres littéraires dans son essai, en voici quelques unes:

  • Lambeaux, Charles Juliet, récit autobiographique dans lequel Charles Juliet évoque sa mère qu’il n’a pas connue – morte de faim après huit ans d’enfermement abusif en hôpital psychiatrique – et le rôle que malgré cette absence, où à cause de cette absence, elle a joué dans sa vie d’homme et dans sa formation d’écrivain.
  • La femme rompue, Simone de Beauvoir, est un recueil de trois nouvelles de Simone de Beauvoir publié en 1967 aux éditions Gallimard. «- Dis-moi pourquoi tu rentres si tard. Il n’a rien répondu. Vous avez bu ? Joué au poker ? Vous êtes sortis ? Tu as oublié l’heure. Il continuait à se taire, avec une espèce d’insistance, en faisant tourner son verre entre ses doigts. J’ai jeté par hasard des mots absurdes pour le faire sortir de ses gonds et lui arracher une explication : Qu’est-ce qui se passe ? Il y a une femme dans ta vie ? Sans me quitter des yeux, il a dit : Oui, Monique, il y a une femme dans ma vie.»
  • ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard, roman, Ça raconte Sarah figurait dans la première sélection du Goncourt 2018. « Sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine »
  • Se trouver, Anne Dufourmantelle, « une psychanalyse est une enquête risquée, sans assurance d’arriver jamais au terme de la recherche. Pas de certitude d’être dans la vérité d’une origine ni de résolution définitive à l’angoisse. Et pourtant il est question de se trouver. Une trouvaille pareille à nulle autre. Parce qu’il faut du courage pour l’entreprendre, et parce qu’il y a de la douceur aussi dans le cheminement de cette rencontre avec soi. À partir des souffrances et des angoisses mais aussi des espérances que notre société entretient, Anne Dufourmantelle répond aux questions de Laure Leter. Ce dialogue passionnant explore de nombreuses situations cliniques et les nouvelles maladies de l’âme, comme la fatigue, la solitude affective, l’angoisse, les insomnies. Comment la psychanalyse, tant décriée aujourd’hui, peut-elle encore nous aider à moins souffrir ? En quoi peut-elle donner du sens à ce que nous vivons ?
  • L’amant, Marguerite Duras, roman autobiographique, c’est l’un des récits d’initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un rentier chinois de Saigon. Dans l’Indochine coloniale de l’entre deux-guerres, la relation amoureuse entre cette jeune bachelière et cet homme déjà mûr est sublimée par un environnement extraordinaire. Dès leur rencontre sur le bac qui traverse le Mékong, on ressent l’attirance physique et la relation passionnée qui s’ensuivra, à la fois rapide comme le mouvement permanent propre au sud de l’Asie et lente comme les eaux d’un fleuve de désir. Histoire d’amour aussi improbable que magnifique, « L’amant » est une peinture des sentiments amoureux, ces pages sont remplies d’un amour pur et entier.
  • Le chagrin, Lionel Duroy, « à l’origine de ma venue au monde, de notre venue au monde à tous les onze, il y a l’amour que se sont déclaré nos parents. Toutes les souffrances qu’ils se sont infligées par la suite, toutes les horreurs dont nous avons été les témoins, ne peuvent effacer les mots tendres qu’ils ont échangés durant l’hiver 1944.». De l’Occupation jusqu’à nos jours en passant par la guerre d’Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l’itinéraire chaotique d’un enfant, puis d’un homme, pris au piège d’une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises des cinquante dernières années.
  • Se perdre, Annie Ernaux, « l’espoir est une denrée qu’Annie Ernaux délivre avec la plus rigoureuse parcimonie. Dans « Se perdre, » journal intime où « Passion simple » (1992) prit sa source, elle se montre particulièrement avare. On pense à certains maîtres japonais, tel Kawabata, sorciers du genre : neige et ciel de cendre. Mais Annie Ernaux y apporte sa révolte : elle griffe la neige. Et laisse quelques lambeaux de chair collés au métal froid des lignes. Car jamais on ne saurait parler de chaleur dans cette évocation d’un amour pourtant torride. Ombres tourmentées, privées de tout appui, au point de paraître flotter, indéfiniment, les êtres – elle, et lui, son amant, de passage, comme on dit d’un cargo ou d’un train – y montrent une grâce glacée, y expriment une souffrance marmoréenne. Car Annie Ernaux ne joue pas, jamais – ni à vivre, ni à écrire. Elle s’engage, avec la férocité d’une guerrière, dans ce texte farouchement maîtrisé, cette mince fente de feu et de givre incisée dans un monde d’absolues ténèbres.

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