Captive, Margaret Atwood.

« Parmi ces fous furieux, j’ai reconnu le visage singulier de Grace Marks – il n’était ni triste ni désespéré, mais le feu de l’insanité l’éclairait et il rayonnait d’une gaieté diabolique et hideuse. Lorsqu’elle s’aperçut que des inconnus l’observaient, elle s’enfuit vers l’une des pièces latérales en hurlant, comme un fantôme. Il paraît que, même aux pires moments de sa terrible maladie, elle est restée constamment hantée par le souvenir du passé. La malheureuse! Quand se terminera la longue horreur de sa punition et de son remords? Quand s’assiéra-t-elle aux pieds de Jésus, vêtue des habits immaculés de sa droiture, la main lavée de la tache de sang, l’âme rachetée, pardonnée, et la raison recouvrée? Espérons que sa faute antérieure pourra être imputée aux effets naissants de ce mal effrayant ». Susanna Moodie, Life in the Clearings, 1853.

Edition 10/18, 625 pages, littérature étrangère.

Résumé: 1859, Grâce Marks, condamnée à perpétuité s’étiole dans un pénitencier canadien. A l’âge de seize ans, Grâce a été accusée de deux horribles meurtres. Personne n’a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné trois versions des faits, Grâce s’est murée dans le silence: amnésie ou dissimulation? Le docteur Simon Jordan veut découvrir la vérité. Gagnant sa confiance, Jordan découvre peu à peu la personnalité de Grace, qui ne semble ni démente ni criminelle. Mais pourquoi lui cache-t-elle les troublants rêves qui hantent ses nuits?

Inspiré d’un sanglant fait divers qui a bouleversé le Canada du XIXe siècle, Margaret Atwood nous offre un roman baroque où le mensonge et la vérité se joue sans fin du lecteur.

Ma chronique: Bienvenue dans l’univers de Margaret Atwood! Mon premier roman de cette auteure, qu’on ne présente plus désormais avec une de ses œuvres mondialement connu et adapté en série TV « La servante écarlate ». « Captive » aussi, adapté en 2017 en mini-série de 6 épisodes sur Netflix m’a d’abord captivé et m’a amené à cette lecture. Certainement pour trouver des réponses supplémentaires ou avoir des compléments d’informations mais finalement la mini-série est déjà bien fourni et retrace bien le livre, même les dernières pages, je les ai lu en diagonale. Ce qui peut arriver avec les adaptations, si on regarde la série ou un film avant de lire le roman, il peut perdre de son charme, on connaît l’histoire, l’intrigue, la fin. Oui certains, peuvent être différents, le premier exemple qui me vient en tête c’est Harry Potter où tout n’est pas retracé dans les films, mais pour celui ci, ma lecture n’a pas été différente. Captive est une œuvre de fiction basé sur des faits réels qui s’est déroulé au 19e siècle et qui a bouleversé le Canada de l’époque. Le 18 juillet 1843, Thomas Kinnear et Nancy Montgomery sont assassinés par un domestique James McDermott. Thomas Kinnear a été tué par balle, alors que Nancy Montgomery a été frappée à la tête avec une hache et ensuite étranglée avant d’être démembrée. Grace Marks, domestique elle aussi, et James McDermott tentent de s’enfuir aux États-Unis mais sont arrêtés à Lewiston. Leur procès a été largement relayé par la presse au Canada au xixe siècle, qui a contribué à diviser l’opinion publique sur le rôle véritable de Grace Marks. Les deux accusés ont été condamnés à mort pour le crime de Thomas Kinnear tandis que le crime de Nancy Montgomery a été jugé inutile. James McDermott fut pendu tandis que le jury a condamné Grace Marks à une peine de prison à vie évitant ainsi la peine de mort en raison de son jeune âge. Elle purgera une peine de trente ans, effectuera un bref passage en asile psychiatrique et obtient sa grâce en 1872 avant de disparaître complément. A ce jour sa réelle implication reste une énigme, était-elle réellement coupable ou folle? A-t-elle feintait la folie ou victime du dédoublement de la personnalité? C’est ce que cette œuvre nous invite à croire avec une scène d’hypnose qui pousse à beaucoup d’interrogations. Le personnage de Simon Jordan, spécialiste des maladies mentales, est quant à lui fictif et vient en aide à la jeune femme pour se souvenir de son passé et trouver la vérité. C’est justement à cette époque, que de nombreux termes et diagnostics traitant de la maladie mentale ont été développés ainsi que la fascination pour le spiritualisme, l’hypnose ou encore la signification des rêves. Margaret Atwood décrit aussi la condition des femmes au 19e siècle, en tant que domestique et pointe la hiérarchie des classes. Dans le roman, nous découvrons aussi Susanna Moodie, écrivaine, qui elle n’est pas fictive et a rencontré la vraie Grace Marks, nous retrouvons des passages de son mémoire « Live in the clearings versus the Bush »(1853).

En tout cas, une chose est sure, c’est que je lirais « la servante écarlate » avant de voir la série. Et vous, avez vous vu et lu cette œuvre? Si oui, dans quel ordre?

La servante écarlate: Devant la chute drastique de la fécondité, la République de Galaad, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

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